Dans 20 jours, j’aurai 42 ans… il est temps d’ouvrir quelques dossiers

Le 10 octobre, j’aurai 42 ans.
Quarante-deux ans de vie.
Trois garçons.
Un cerveau multi-dys.
Quelques tempêtes.
Beaucoup de questions.
Des décisions pas toujours comprises.
Et au moins un kayak qui n’était pas à moi.
Pour mon anniversaire, j’aurais pu publier une jolie photo avec un gâteau, trois bougies bien placées et une phrase du genre :
« Une année de plus, tellement reconnaissante pour ce merveilleux chemin… »
Mais franchement, ce ne serait pas moi.
À la place, j’ai décidé d’ouvrir quelques dossiers.
Les dossiers drôles.
Les dossiers sensibles.
Les dossiers qui grattent.
Et ceux qu’on devrait peut-être laisser tranquillement dormir sous la moquette.
Pendant les 20 jours qui précèdent mes 42 ans, je vais donc publier chaque jour une histoire personnelle sur ma page Facebook.
Pas une grande leçon de vie servie avec une tisane et une musique de méditation.
Une vraie histoire.
Parfois drôle.
Parfois touchante.
Parfois inconfortable.
Parfois un peu douteuse juridiquement… Bonjour, monsieur le kayak.
Je vais te parler de la femme derrière la thérapeute.
Celle que l’on a souvent trouvée bizarre.
Celle qui ressent tout très fort.
Celle qui peut défendre ses enfants comme une louve… puis les regarder se débrouiller avec les conséquences de leurs idées merveilleusement stupides.
Celle qui accompagne les autres, mais qui continue à démonter régulièrement son propre cerveau pour comprendre comment les pièces sont assemblées.
Bref : pas la version lisse.
La vraie.
Voici les 20 dossiers que je vais ouvrir
1. Toute ma vie, on m’a trouvée bizarre
Mes choix de vie, ma manière de penser, d’aimer et d’élever mes enfants n’ont pas toujours été compris.
Longtemps, je me suis demandé si j’étais réellement bizarre… ou simplement livrée sans le mode d’emploi standard.
2. Je suis multi-dys
Mon cerveau ne suit pas les routes nationales.
Il préfère les chemins de traverse, les demi-tours douteux et les raccourcis qui rallongent le trajet.
C’est parfois franchement pénible.
Mais c’est aussi devenu une force inattendue.
3. Mon hypersensibilité ne m’a pas rendue fragile
Je ressens les émotions avec le volume réglé sur 12 alors que le bouton s’arrête normalement à 10.
J’ai longtemps essayé de baisser le son.
Aujourd’hui, je cherche plutôt à comprendre la musique.
4. J’aime me fracturer le crâne
Métaphoriquement, je précise.
Quoique certains jours…
J’adore retourner mes certitudes, regarder le même problème sous dix angles et découvrir que j’avais peut-être complètement tort.
Mon cerveau aime les grands travaux.
Casque obligatoire.
5. Je crois en l’Univers
Mais je ne lui envoie pas ma liste de courses en attendant qu’un avocat mûr tombe dans mon panier.
Ma croyance en l’Univers ressemble peut-être moins à ce que tu imagines qu’à ce que je vis réellement.
6. Je suis une maman louve
Je peux sortir les crocs pour mes garçons.
Mais être une maman louve, ce n’est pas courir derrière eux avec du papier bulle pour empêcher chaque chute.
Et ça, mon cœur de mère a parfois beaucoup de mal à l’accepter.
7. Ma plus grande peur, c’est la souffrance de mes enfants
Je peux affronter beaucoup de choses.
Mais les voir souffrir sans pouvoir réparer, porter ou effacer à leur place… c’est une autre histoire.
8. Si l’un de mes garçons faisait caca sur la table…
Est-ce que je le disputerais ?
Est-ce que je chercherais à comprendre ?
Ou est-ce que je lui tendrais tranquillement le papier toilette ?
Oui, cette question mérite des explications.
Non, elles ne seront probablement pas celles que tu imagines.
9. Je suis parfois une maman sadique
C’est du moins la version officielle de mes enfants.
Moi, j’appelle cela « laisser la réalité terminer l’explication ».
C’est plus professionnel.
Et ça passe mieux sur une carte de visite.
10. Un jour, j’ai volé un kayak
Je pourrais te dire qu’il s’agit d’un malentendu.
Ce serait plus élégant.
Mais beaucoup moins amusant.
11. Un jour, j’ai engueulé une vieille dame
Je sais : dit comme ça, mon capital sympathie vient de prendre l’ascenseur vers le sous-sol.
Pourtant, derrière cette scène se cache quelque chose de très important sur mes limites… et sur ce qui peut réveiller le dragon.
12. Ma persévérance m’a sauvée… et parfois bien coincée
La persévérance, c’est magnifique sur une tasse.
Dans la vraie vie, continuer encore et encore peut aussi nous maintenir exactement là où nous ne devrions plus être.
13. J’ai dû choisir entre avoir des clients et être bien dans ma peau
D’un côté, mon activité.
De l’autre, mon intégrité.
Et au milieu : moi, avec mon cerveau qui lançait une réunion de crise sans café ni ordre du jour.
14. Le jour où j’ai fait connaissance avec mon intégrité
Avant, je pensais que l’intégrité était une jolie valeur à inscrire sur un mur.
Puis je l’ai rencontrée pour de vrai.
Elle n’avait pas apporté de fleurs.
Elle avait apporté une question très inconfortable.
15. Le jour où j’ai ouvert les yeux sur ma vie
Le problème avec les yeux ouverts, c’est qu’il devient beaucoup plus compliqué de faire semblant de ne rien voir.
Certaines prises de conscience éclairent.
commencent par te brûler un peu la rétine.
16. J’ai longtemps attendu que les autres changent
J’ai expliqué.
Réexpliqué.
Patienté.
Espéré.
Re-réexpliqué avec d’autres mots, au cas où la douzième version serait la bonne.
Puis j’ai compris quelque chose qui n’a pas fait plaisir à tout le monde.
Moi comprise.
17. Comprendre quelqu’un ne m’oblige pas à tout accepter
Je peux comprendre les blessures, les peurs et l’histoire d’une personne.
Mais comprendre pourquoi quelqu’un me marche sur le pied ne m’oblige pas à lui laisser ma chaussure.
18. Je suis thérapeute, mais je n’ai toujours pas terminé mon propre mode d’emploi
J’aide les autres à comprendre leurs mécanismes, leurs émotions et leurs relations.
Pendant ce temps-là, mon propre cerveau ajoute régulièrement une page au manuel sans prévenir personne.
19. À 42 ans, je ne veux plus paraître. Je veux être.
Pas irréprochable.
Pas lisse.
Pas validée par tout le monde.
Juste de plus en plus cohérente entre ce que je ressens, ce que je pense, ce que je dis et ce que je choisis.
Cela paraît très sage écrit comme ça.
Dans la vraie vie, ça remue sacrément les meubles.
20. Mon épitaphe
Si un jour il ne devait rester qu’une phrase pour résumer ma vie, je voudrais que ce soit celle-ci :
« Elle a tout fait pour être fière d’elle. »
Pas parfaite.
Pas toujours raisonnable.
Pas toujours comprise.
Et certainement pas arrivée jusqu’au bout sans quelques gamelles.
Mais fière de ne pas avoir abandonné la femme qu’elle essayait de devenir.
Tu viens ouvrir les dossiers avec moi ?
Chaque jour, jusqu’au 10 octobre, je publierai une nouvelle histoire sur ma page Facebook.
Il y aura de la maternité, des émotions, des choix difficiles, des remises en question, des claques existentielles et quelques comportements légèrement discutables.
Tu découvriras pourquoi j’ai volé un kayak.
Ce qui a bien pu me pousser à engueuler une vieille dame.
Pourquoi je pourrais tendre du papier toilette à un enfant ayant fait caca sur une table.
Et comment j’ai rencontré mon intégrité alors que je ne l’avais absolument pas invitée.
Attention : certaines histoires peuvent provoquer un rire, un petit inconfort ou une envie soudaine d’ouvrir tes propres dossiers.
Et toi, si tu devais raconter une histoire qui explique vraiment qui tu es aujourd’hui, laquelle choisirais-tu ?
Leslie
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