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🟥 Toi, tu vois un 6. Moi, je vois un 9. Et nous sommes en train de perdre notre couple pour avoir raison.

il y a 8 heures
10 min de lecture

Ă€ nous.

À ce couple qui ne sait plus aborder un problème sans déclencher une guerre.


À toi qui as l’impression que je ne comprends jamais rien.

À moi qui ai l’impression que tu refuses toujours de m’écouter.

Ă€ nous deux qui pensions parler de la mĂŞme situation, alors que nous ne la regardions mĂŞme pas depuis le mĂŞme endroit.


Entre nous, il y a un chiffre posé au sol.

De ta place, tu vois un 6.

De la mienne, je vois un 9.


Tu me dis :

« Regarde, c’est évident. C’est un 6. »


Je te réponds :

« Mais non, c’est un 9. Tu le fais exprès ou quoi ? »


Alors tu insistes.

Moi aussi.


Tu élèves la voix parce que tu as l’impression que je nie ce qui est sous tes yeux.

Je me défends parce que j’ai l’impression que tu me prends pour une idiote.


Et plus nous tentons de nous faire entendre, moins nous nous écoutons.

Nous finissons par ne plus parler du chiffre.


Nous parlons de tout ce qui ne va plus entre nous.

« Tu fais toujours ça. »

« Avec toi, on ne peut jamais discuter. »

« De toute façon, tu veux toujours avoir raison. »

« Tu ne comprends rien à ce que je ressens. »


Puis l’un de nous claque une porte.

L’autre reste seul avec sa colère.

Et le chiffre est toujours posé au même endroit.


🟥 Nous ne nous disputons pas toujours parce que l’un de nous voit mal. Nous nous disputons parce que chacun exige que l’autre regarde depuis sa place.



🟠 Nous ne nous écoutons plus pour comprendre


Nous nous écoutons pour répondre.


Pour nous défendre.


Pour repérer la faille dans le raisonnement de l’autre.


Pendant que tu parles, je ne cherche déjà plus à comprendre ton expérience.


Je prépare ma plaidoirie.


Je rassemble mes preuves.


Je cherche dans mes archives émotionnelles tous les moments où tu as fait exactement la même chose.


Toi aussi, peut-ĂŞtre.


Nous ne sommes plus deux partenaires qui tentent de résoudre un problème.

Nous sommes deux avocats qui essaient de gagner un procès dont notre couple paiera les frais de justice.


Tu me racontes ce que tu as vécu.

Je te réponds par ce que tu as mal compris.

Je t’explique mon intention.

Tu me parles de l’impact.

Je défends ce que je voulais faire.


Tu essaies de me faire reconnaître ce que cela t’a fait.

Et nous avons tous les deux l’impression que l’autre change de sujet.


🟠 Tu me demandes de reconnaître ta blessure.

Je te demande de reconnaître que je ne voulais pas te blesser.


Comme aucun de nous ne veut abandonner sa vérité, nous finissons par abandonner la conversation.



🟥 Comprendre ne signifie pas donner raison


VoilĂ  peut-ĂŞtre notre plus grande erreur.


Nous avons confondu :

  • comprendre et approuver ;

  • Ă©couter et capituler ;

  • reconnaĂ®tre une Ă©motion et accepter une accusation ;

  • prĂ©senter des excuses et s’attribuer tous les torts ;

  • se dĂ©placer vers l’autre et disparaĂ®tre soi-mĂŞme.


Alors, dès que tu me demandes de regarder depuis ta place, je crois que tu veux m’arracher à la mienne.


J’ai peur que reconnaître ton 6 fasse disparaître mon 9.


J’ai peur que dire « je comprends » signifie « tu as raison et j’ai tort ».

Mais nous pouvons reconnaître deux réalités en même temps.


Tu peux ne pas avoir voulu me blesser et ton comportement peut m’avoir blessée.


Je peux avoir une raison d’être en colère et ma manière de te parler peut être violente.


Tu peux avoir besoin de calme et ton silence peut me donner le sentiment d’être abandonnée.


Je peux avoir besoin d’une réponse et mon insistance peut te donner l’impression d’être acculé.


💡 Comprendre ton point de vue ne m’oblige pas à renoncer au mien.

Cela m’empêche simplement de croire que ma place est la seule depuis laquelle la situation peut être regardée.


Les recherches sur les conflits de couple montrent justement que le fait de se sentir compris peut protéger la satisfaction relationnelle, même lorsqu’un désaccord demeure.

Le problème n’est donc pas toujours l’existence du conflit, mais le sentiment que notre vécu n’a aucune place dans l’esprit de l’autre.



🟠 Derrière notre besoin d’avoir raison, il y a souvent une peur


Nous disons :

« Je veux seulement que tu comprennes. »

Mais, parfois, ce que nous voulons réellement dire, c’est :

« J’ai besoin que tu confirmes que ma douleur est légitime. »

« J’ai besoin de savoir que je ne suis pas fou ou folle. »

« J’ai besoin que tu reconnaisses que je compte. »

« J’ai besoin de sentir que tu ne vas pas utiliser cette discussion pour m’abandonner. »

« J’ai besoin de ne pas être encore celui ou celle qui a tort. »


Alors nous nous accrochons Ă  notre version.

Pas toujours par mauvaise foi.

Par protection.


Parce que céder un centimètre nous donne l’impression que toute notre expérience va être balayée.

Le problème, c’est que nos protections se cognent l’une contre l’autre.

Plus je me sens niée, plus j’insiste.

Plus j’insiste, plus tu te sens attaqué.


Plus tu te sens attaqué, plus tu te défends ou tu te retires.

Plus tu te retires, plus je me sens seule et plus je reviens Ă  la charge.

Et nous créons ensemble une danse que personne n’aime, mais dont chacun connaît parfaitement les pas.



🟥 Nous avons transformé chaque désaccord en menace contre notre amour


À l’origine, nous parlions peut-être d’une phrase maladroite.

D’un retard.

D’une tâche oubliée.

D’un week-end avec la belle-famille.

Mais très vite, la conversation devient beaucoup plus grande.


Ce n’est plus :

« Tu n’as pas répondu à mon message. »


Cela devient :

« Je ne compte jamais pour toi. »


Ce n’est plus :

« J’ai besoin de souffler avant de continuer. »


Cela devient :

« Tu fuis toujours dès que j’ai besoin de toi. »


Ce n’est plus :

« Je ne suis pas d’accord avec ta décision. »


Cela devient :

« Tu veux tout contrôler. »


Nous ne répondons plus uniquement à ce qui vient de se passer.

Nous répondons à toutes les fois où nous avons déjà ressenti la même blessure.


Ă€ notre enfance.

Ă€ nos anciennes relations.

Ă€ nos peurs.

À toutes les discussions précédentes qui n’ont jamais été réellement réparées.


Nous arrivons donc dans la conversation avec le sujet du jour… et quinze valises émotionnelles enregistrées en soute.

Pas étonnant que le décollage soit un peu compliqué.



🟠 Nous n’entendons pas toujours les mêmes mots


Je dis :

« J’ai besoin que tu sois plus présent. »


Tu entends :

« Tu n’es jamais assez bien. »


Tu dis :

« Laisse-moi tranquille pour le moment. »


J’entends :

« Tes émotions ne m’intéressent pas. »


Je dis :

« Tu ne m’écoutes pas. »


Tu entends :

« Tu es incapable de communiquer. »


Tu dis :

« Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. »


J’entends :

« Ce que tu ressens n’est pas valable. »


Nous répondons alors au message que notre blessure a entendu, pas forcément à celui que l’autre a tenté d’envoyer.

Et plus nous répétons ce mécanisme, plus nous devenons convaincus que nous connaissons déjà la suite.


Avant mĂŞme que tu termines ta phrase, je sais ce que tu vas dire.

Enfin… je crois le savoir.

Alors je t’interromps.


Tu te sens encore moins entendu.

Tu durcis ton discours.

Et ta réaction confirme exactement la peur avec laquelle j’étais entrée dans la conversation.


🟥 À force de prédire ce que l’autre va dire, nous ne lui laissons même plus la possibilité de dire autre chose.



🟥 Parfois, nous préférons gagner la dispute et perdre le lien


Nous croyons qu’une discussion se termine lorsqu’un coupable est trouvé.


Alors nous cherchons :

Qui a commencé ?

Qui a parlé le plus fort ?

Qui a oublié ?

Qui exagère ?

Qui avait promis ?

Qui a fait pire la dernière fois ?


Mais trouver le coupable ne répare pas forcément la relation.

Parce qu’une fois la bataille gagnée, il faut encore regarder la personne que nous aimons se sentir humiliée, rejetée ou incomprise.


Et cette victoire-là possède souvent un goût étrange.

Nous avions raison.

Magnifique.

Nous sommes seuls avec notre médaille.


Les recherches distinguent plusieurs comportements pendant les conflits : hostilité, détresse, retrait, recherche de solution et intimité.

Une méta-analyse portant sur plus de 5 000 couples montre que les conflits ne se résument donc pas à leur sujet : la manière dont les partenaires les traversent compte profondément.


Notre problème n’est peut-être pas que nous nous disputons.

Notre problème est que nous ne savons plus nous disputer sans menacer l’existence même du couple.



⚠️ Mais l’histoire du 6 et du 9 a une limite


Tout n’est pas une question de point de vue.

Un mensonge vérifiable n’est pas simplement « une autre perception ».

Une insulte reste une insulte.

Une menace reste une menace.


Une trahison ne disparaît pas parce que son auteur possède une explication.

Une violence physique, sexuelle, psychologique ou économique ne devient pas acceptable parce que chacun aurait « sa vérité ».


Parfois, il existe réellement un comportement qui doit cesser.


L’histoire du 6 et du 9 ne doit jamais servir à demander à une personne victime de violence de se déplacer pour mieux comprendre celui qui lui fait du mal.


🟥 Chercher le point de vue de l’autre ne signifie pas rendre toutes les conduites équivalentes.


La compréhension explique parfois un comportement.

Elle ne l’excuse pas automatiquement.



🟢 Et si nous changions le but de nos conversations ?


Et si notre objectif n’était plus de décider immédiatement qui a raison ?


Et si nous commencions par répondre à une autre question :

« Qu’est-ce que tu as vécu, toi, depuis ta place ? »


Je pourrais te dire :

« Je ne vois pas encore les choses comme toi, mais je veux comprendre ce que cette situation t’a fait. »

Tu pourrais me répondre :

« Je ne partage pas toutes tes conclusions, mais je comprends pourquoi tu as pu le vivre comme cela. »

Ce ne serait pas une capitulation.

Ce serait un pont.

Prendre la perspective de son partenaire est associé à moins de comportements blessants, critiques ou distants pendant les interactions conflictuelles.


Cela n’oblige pas à être d’accord : cela permet de réagir à la personne réelle plutôt qu’à l’ennemi que notre peur est en train de fabriquer.



🟢 Ce que nous pourrions essayer avant la prochaine guerre


🟢 Dire le fait avant de raconter l’histoire


Au lieu de :

« Tu t’en fiches toujours de moi. »


Essayer :

« Lorsque je t’ai parlé et que tu as regardé ton téléphone, j’ai eu l’impression de ne pas compter. »

Le fait peut être observé.

L’interprétation peut être discutée.


🟢 Parler de l’impact sans prétendre connaître l’intention


Au lieu de :

« Tu as fait cela pour me punir. »


Essayer :

« Je ne sais pas quelle était ton intention, mais voici l’effet que cela a produit sur moi. »

Nous ne sommes pas télépathes.

Et franchement, vu la qualité de certaines de nos suppositions, c’est peut-être plus prudent ainsi.


🟢 Reformuler avant de répondre


Avant de défendre ton point de vue, tu peux me dire :

« Si j’ai bien compris, quand je me suis fermé, tu t’es sentie abandonnée. C’est bien cela ? »

Et moi :

« Si j’ai bien compris, quand j’ai insisté, tu as eu l’impression que rien de ce que tu dirais ne serait suffisant. »

Se sentir compris ne règle pas tout.

Mais cela fait baisser le volume intérieur qui nous oblige à répéter la même phrase dix-sept fois avec une intensité croissante.


🟢 Traiter un seul problème à la fois


Si nous parlons du message d’hier, évitons d’inviter au débat :

  • le NoĂ«l chez ta mère ;

  • les vacances de 2022 ;

  • ton ancienne relation ;

  • la chaussette abandonnĂ©e devant la machine ;

  • et cette fameuse soirĂ©e dont personne ne se souvient exactement mais qui ressort Ă  chaque conflit depuis huit ans.


Un sujet.

Une conversation.

Une chance réelle d’avancer.


🟢 Faire une pause sans abandonner l’autre


Une pause peut éviter que la discussion dégénère.

Mais elle doit posséder une porte de retour.

« Je suis trop énervé pour continuer correctement. J’ai besoin de me calmer, mais je reviens vers toi ce soir à 20 heures. »

Ce n’est pas la même chose que disparaître, fermer la porte et laisser l’autre dans l’incertitude.

Une pause protège la conversation.

Un silence sans explication peut la punir.


🟢 Chercher le besoin caché derrière l’accusation


Derrière :

« Tu ne fais jamais attention à moi »,


il y a peut-ĂŞtre :

« J’ai besoin de sentir que j’ai une place dans ta vie. »


Derrière :

« Tu m’étouffes »,


il y a peut-ĂŞtre :

« J’ai besoin de pouvoir réfléchir sans craindre que notre relation s’effondre. »


Derrière :

« Tu veux toujours avoir raison »,


il y a peut-ĂŞtre :

« J’ai besoin que mon expérience existe aussi. »


Le reproche déclenche une défense.

Le besoin ouvre parfois une discussion.



🟢 Nous pouvons nous excuser sans nous effacer


Une excuse ne devrait pas ressembler Ă  :

« Désolé que tu l’aies mal pris. »


Cette phrase laisse toute la responsabilité de la blessure chez l’autre, soigneusement emballée avec un petit ruban.


Nous pourrions plutĂ´t dire :

« Je comprends que ma manière de te parler t’ait blessé.
Ce n’était pas mon intention, mais j’en reconnais l’impact.
Je vais faire attention à ne pas recommencer de cette façon. »

Une excuse ne retire pas notre point de vue.

Elle reconnaît que notre manière de le défendre a pu abîmer le lien.



❤️ Je ne veux plus avoir raison contre toi


Je veux pouvoir te dire ce que je ressens sans que tu entendes immédiatement que je t’accuse d’être une mauvaise personne.


Je veux pouvoir entendre ta douleur sans croire qu’elle efface la mienne.


Je veux que nous puissions reconnaître nos erreurs sans avoir l’impression de perdre notre valeur.


Je veux que nous apprenions à nous déplacer.


Pas pour habiter constamment à la place de l’autre.


Mais pour aller y regarder de temps en temps.

Pour voir ce 6.

Pour voir ce 9.


Et comprendre qu’entre les deux se trouve peut-être un chiffre mal placé, une vieille blessure, un besoin ignoré ou simplement deux personnes qui ne veulent pas perdre l’amour en perdant la dispute.


❤️ Je ne veux plus gagner contre toi.

Je veux que nous trouvions une manière de ne plus perdre ensemble.



🟡 Lorsque chaque discussion finit en dispute


Certains couples s’aiment encore, mais ne savent plus communiquer sans réveiller leurs mécanismes de défense.


L’un insiste.

L’autre se ferme.

L’un attaque pour obtenir une réaction.

L’autre fuit pour éviter l’explosion.


Puis chacun utilise la réaction de l’autre comme preuve qu’il avait raison depuis le début.


Un accompagnement thérapeutique peut aider à ralentir ce cycle, à différencier les faits des interprétations et à traduire les reproches en besoins compréhensibles.


Il ne s’agit pas de décider qui voit correctement le chiffre.


Il s’agit de créer un espace dans lequel chacun peut enfin expliquer depuis quelle place il le regarde.


J’accompagne les couples à mon cabinet situé au Marais Girard, à Bretignolles-sur-Mer en Vendée.


J’accompagne également les personnes seules lorsque le partenaire ne souhaite pas participer ou lorsqu’elles ont besoin de comprendre leur propre fonctionnement relationnel.


Vous pouvez apprendre à vous parler autrement avant que le silence ne devienne la seule façon de ne plus vous disputer.

Leslie



Commentaires


Personne ne t'a appris à lire ton mode d'emploi émotionnel.

Pourtant, c'est souvent lui qui décide de tes réactions, de tes conflits...

et de tes relations.

Leslie Renault​

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Thérapeute à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée — séances au cabinet et en visio.

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