Je ne pleure pas seulement ton départ. Je pleure de ne jamais m’être sentie aimée

Depuis que tu es parti, on me dit que le temps finira par faire son travail.
Que la douleur s’apaisera.
Que je dois sortir, voir mes amis, penser à autre chose.
Que je rencontrerai quelqu’un de mieux.
Que notre histoire est terminée et qu’il faut maintenant tourner la page.
Mais comment tourner une page lorsque je ne comprends même pas ce qui y était écrit ?
Comment expliquer que je ne pleure pas seulement ton absence ?
Je pleure tous les moments où tu étais là sans que je me sente réellement avec toi.
Je pleure les gestes que j’ai attendus.
Les mots qui ne sont jamais venus.
Les bras dans lesquels je n’ai jamais vraiment réussi à me déposer.
Les fois où j’aurais voulu que tu remarques ma douleur sans devoir rédiger un mode d’emploi de vingt pages.
Je ne pleure pas seulement notre rupture.
Je pleure tout l’amour que j’ai espéré recevoir de toi.
Je ne sais pas si tu m’as aimée
Et c’est peut-être cela qui me fait le plus mal.
Si tu ne m’avais jamais aimée, peut-être que tout serait plus simple.
Je pourrais ranger notre histoire dans la boîte des illusions, fermer le couvercle et me dire que je me suis trompée.
Mais je crois que tu m’as aimée.
À ta manière.
Avec tes limites
Avec tes peurs.
Avec les quelques gestes que tu pensais probablement suffisants.
Seulement, ton amour ne me parvenait pas.
Il existait peut-être à l’intérieur de toi, mais il se perdait quelque part entre ton cœur et moi.
Je n’avais pas besoin que tu m’aimes uniquement dans ta tête.
J’avais besoin de le sentir dans notre vie.
Dans ta façon de me regarder.
De m’écouter.
De me toucher.
De me rassurer.
De venir vers moi.
De prendre soin de notre lien lorsque quelque chose nous éloignait.
Un amour qui ne se dit jamais, ne se montre pas et ne se transforme pas en présence finit par devenir invisible pour celui qui l’attend.
Être aimée et se sentir aimée ne sont pas la même chose
Tu pensais peut-être que ta présence suffisait.
Tu étais là.
Tu rentrais à la maison.
Tu partageais mon quotidien.
Tu faisais certaines choses pour moi.
Pour toi, cela prouvait probablement ton amour.
Mais moi, au milieu de cette vie commune, je cherchais encore ma place dans ton cœur.
Je ne demandais pas des déclarations spectaculaires sous la pluie avec un orchestre derrière toi.
J’aurais déjà été heureuse avec un regard qui disait : « Je te vois. »
Je voulais sentir que ma présence changeait quelque chose dans ton monde.
Que ma tristesse te touchait.
Que ma joie t’intéressait.
Que mon absence créerait un manque.
Que j’étais plus qu’une personne installée dans le décor de ta vie.
Je ne voulais pas seulement être présente.
Je voulais me sentir choisie.
J’ai cherché partout les preuves de ton amour
Puisque je ne le ressentais pas clairement, j’ai commencé à enquêter.
Un petit geste devenait un indice.
Un message un peu plus tendre me redonnait de l’espoir.
Une attention pouvait nourrir plusieurs semaines d’attente.
Je ramassais les miettes et j’essayais d’y voir un repas.
Je me disais :
« Il ne parle pas beaucoup, mais il est là. »
« Il ne montre pas ses émotions, mais il en a forcément. »
« Il ne pense pas à me rassurer, mais cela ne signifie pas qu’il ne m’aime pas. »
« Il ne vient pas vers moi lorsque je pleure, mais il ne sait peut-être simplement pas quoi faire. »
Je trouvais toujours une explication pour rendre ton absence émotionnelle moins douloureuse.
Et ces explications étaient parfois justes.
Mais comprendre pourquoi je manquais de tendresse ne remplissait pas le manque.
Comprendre ton histoire ne me prenait pas dans les bras.
Comprendre tes blocages ne me permettait pas de me sentir aimée.
À force de ne pas recevoir, j’ai commencé à douter de moi
Au début, je doutais de ton amour.
Puis j’ai commencé à douter de ma valeur.
Peut-être que je n’étais pas assez belle.
Pas assez douce.
Pas assez intéressante.
Pas assez facile à aimer.
Peut-être que, si je faisais encore un effort, tu finirais par me regarder autrement.
Alors j’ai essayé d’être moins exigeante.
J’ai retenu certaines émotions pour ne pas t’étouffer.
J’ai diminué mes besoins pour ne pas paraître dépendante.
J’ai accepté des silences qui me faisaient mal.
J’ai fait semblant que certaines absences n’étaient pas importantes.
Je suis devenue plus petite pour essayer de prendre moins de place dans une relation où je ne me sentais déjà pas suffisamment regardée.
Voilà l’un des ravages du manque d’amour ressenti : on finit par croire que, si l’on n’est pas aimé comme on en a besoin, c’est parce que l’on n’est pas aimable.
Pourtant, ton incapacité à me donner certaines choses ne définissait pas ma valeur.
Elle définissait peut-être seulement tes limites.
Je me suis sentie seule alors que tu étais encore là
C’est une solitude difficile à expliquer.
La solitude après une rupture est visible.
Il y a une place vide dans le lit.
Un silence visible dans la maison.
Des habitudes qui n’ont plus de partenaire.
Un téléphone qui ne sonne plus.
Mais la solitude à l’intérieur du couple est plus discrète.
Personne ne la voit.
On partage un toit, des repas, parfois même des projets.
Pourtant, quelque chose en nous reste constamment seul.
On aimerait parler, mais on sait déjà que l’autre se fermera.
On voudrait être pris dans les bras, mais on n’ose plus demander.
On souffre à quelques centimètres de quelqu’un qui ne mesure pas l’ampleur de cette souffrance.
Alors oui, aujourd’hui, ton absence me fait mal.
Mais elle révèle surtout une solitude que je portais déjà lorsque tu étais encore près de moi.
Ton départ n’a pas créé tout ce vide.
Il a simplement retiré le rideau qui le cachait.
Je ne pleure pas seulement ce que nous avons vécu
Je pleure ce que nous n’avons jamais réussi à vivre.
Les conversations que nous aurions pu avoir.
La complicité que nous aurions pu construire.
La tendresse qui aurait pu circuler entre nous si nous avions su nous rejoindre.
Je pleure les projets auxquels j’ai cru.
Je pleure la version de toi que j’attendais encore.
Je pleure aussi la femme que j’aurais aimé être dans cette relation : plus légère, plus sereine, moins occupée à demander si elle comptait.
Faire le deuil d’une relation, ce n’est pas seulement accepter la perte d’une personne.
C’est parfois faire le deuil d’un futur imaginé.
Et le deuil de ce qui n’a jamais existé peut être terriblement douloureux, parce qu’il n’a aucun souvenir réel auquel se raccrocher.
Il ne reste que des « peut-être ».
Peut-être qu’un jour tu aurais compris.
Peut-être que tu aurais changé.
Peut-être que nous aurions enfin été heureux.
Peut-être que je me serais enfin sentie aimée.
Aujourd’hui, je dois aussi quitter tous ces « peut-être ».
Mon chagrin ne prouve pas que je dois revenir
Il y aura probablement des soirs où ton absence me semblera plus insupportable que la souffrance vécue avec toi.
Des moments où mon esprit ne se souviendra que du beau.
Où je confondrai le manque avec la preuve que notre relation devait continuer.
Mais souffrir de ton absence ne signifie pas que ta présence me faisait du bien.
Tu peux me manquer et ne pas me convenir.
Je peux encore t’aimer et reconnaître que je n’étais pas heureuse.
Je peux avoir envie de revenir vers toi sans oublier tout ce qui m’a poussée à partir.
La douleur de la rupture n’est pas toujours un panneau indiquant : « Faites demi-tour. »
C’est parfois seulement le prix émotionnel d’une décision nécessaire.
Je ne veux plus mendier l’amour
Je ne veux plus analyser chaque geste pour savoir si je compte.
Je ne veux plus transformer une attention exceptionnelle en preuve suffisante pour supporter des semaines de distance.
Je ne veux plus avoir honte de vouloir de la tendresse, de l’écoute et de la présence émotionnelle.
Ce ne sont pas des caprices.
Ce sont des besoins relationnels.
Mais je dois également apprendre quelque chose de difficile : aucune personne ne pourra réparer, à elle seule, toutes mes blessures et toutes mes peurs.
Me sentir aimée ne dépend pas seulement de ce que l’autre m’offre.
Cela dépend aussi de ma capacité à recevoir, à exprimer clairement mes besoins et à ne pas choisir continuellement des relations dans lesquelles je dois me battre pour obtenir le minimum.
Me reconstruire ne consistera donc pas à attendre qu’un nouvel homme vienne me convaincre que j’ai de la valeur.
Ce sera apprendre à ne plus abandonner cette valeur entre les mains de quelqu’un qui ne sait pas quoi en faire.
Alors aujourd’hui, je te laisse partir
Pas parce que je ne t’aime plus.
Pas parce que notre histoire n’a rien représenté.
Mais parce que je ne veux plus passer ma vie à me demander si je suis aimée par l’homme qui partage mon quotidien.
Je ne saurai peut-être jamais exactement ce que tu ressentais.
Mais je connais ce que j’ai vécu.
J’ai vécu l’attente.
Le doute.
Le manque.
La sensation de devoir mériter chaque geste d’affection.
La solitude de ne pas réussir à atteindre l’homme que j’aimais.
Et ce vécu compte.
Je n’ai pas besoin de prouver que tu ne m’as jamais aimée pour reconnaître que je ne me sentais pas aimée.
Je n’ai pas besoin de faire de toi un homme sans cœur pour admettre que mon cœur, près de toi, avait faim.
Alors je vais pleurer.
Je vais pleurer ton départ, mes espoirs et toutes ces années passées à attendre.
Mais je ne vais plus utiliser ma douleur pour retourner là où elle a commencé.
Un jour, ton absence cessera peut-être d’être un vide.
Elle deviendra un espace.
Un espace dans lequel je pourrai respirer, me retrouver et reconstruire une vie où l’amour ne devra plus être deviné.
Je ne sais pas si tu m’as aimée.
Je sais seulement que, près de toi, j’ai passé trop de temps à me demander si c’était le cas.
Se reconstruire après une rupture amoureuse
La douleur d’une séparation ne vient pas uniquement de la perte du partenaire.
Elle peut aussi réveiller le manque d’affection vécu pendant la relation, la peur de ne pas être suffisamment aimable et le deuil de tout ce que l’on espérait encore construire.
Un accompagnement thérapeutique permet de mettre des mots sur cette douleur, de comprendre pourquoi il est parfois si difficile de quitter une relation qui ne nous nourrit plus et de retrouver des repères sans nier l’amour qui a existé.
Je vous accompagne après une rupture amoureuse, une séparation ou une relation dans laquelle vous ne vous sentez plus aimé, à mon cabinet du Marais Girard, à Bretignolles-sur-Mer en Vendée, ainsi qu’en visioconférence.
L’objectif n’est pas d’oublier l’autre en claquant des doigts.
Le cœur n’est malheureusement pas équipé d’un bouton « réinitialiser ».
L’objectif est de comprendre ce que cette histoire a réveillé en vous, de sortir progressivement de l’attente et de retrouver une relation plus sécurisante avec vous-même.
Vous n’avez pas à traverser seul cette douleur simplement parce que la relation est terminée.
Leslie



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